Gallica et le domaine publique. Je dois vous faire part d'une page sur mon site web. ici.

C’est peut-être une chose utile, mais une chose assez décourageante, que d’arriver à Paris comme j’ai fait, c’est-à-dire sans beaucoup d’argent, sans aucune expérience, sans aucune protection. L’accueil est dur ; il ne manque même pas de brutalité. Paris n’a pas de ménagements pour vous ; il ne se pare, ni ne se prépare pour vous recevoir ; on ne peut compter que sur soi-même. On y est comme si on se promenait nu dans la campagne ; on sent sur sa peau de partout le contact avec ce qui est : le froid de l’air, les épines, les aspérités du sol. Car d’autres arrivent protégés : ils arrivent tellement protégés qu’ils n’ont même pas conscience d’avoir changé de vie et de milieu, comme tant de voyageurs qui, grâce à leur fortune, à leur situation, aux arrangements de toute sorte qui ont présidé au voyage, se retrouvent où qu’ils soient ce qu’ils sont, en même temps qu’ils retrouvent autour d’eux ce qui existait autour d’eux.

Paris (notes d’un Vaudois), Charles Ferdinand Ramuz, 1939

Voici ce que l'on découvre aujourd'hui sur Gallica. Demain sera le jour où mes enfants viendront s'installer à Paris et je veux qu'ils sachent cela, oui je veux qu'ils sachent ce que cet auteur veut dire.

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