« On a peine à croire à quel point est insignifiante et vide, aux yeux du spectateur étranger, à quel point stupide et irréfléchie, chez l'acteur lui-même, l'existence que coulent la plupart des hommes : une agitation qui se traîne et se tourmente, une marche titubante et endormie, à travers les quatre âges de la vie, jusqu'à la mort, avec un cortège de pensées triviales. Ce sont des horloges qui, une fois montées, marchent sans savoir pourquoi. Chaque fois qu'un homme est conçu, l'horloge de la vie se remonte, et elle reprend sa petite ritournelle qu'elle a déjà jouée tant de fois, mesure par mesure, avec des variations insignifiantes. Chaque individu, chaque visage humain, chaque vie humaine, n'est qu'un rêve sans durée de l'esprit infini qui anime la nature, du vouloir vivre indestructible ; c'est une image fugitive de plus, qu'il esquisse en se jouant sur sa toile immense, l'espace et le temps, une image qu'il laisse subsister un instant, et qu'il efface aussitôt, pour faire place à d'autres. »

(Le monde comme volonté et comme représentation.)

Arthur Schopenhauer.

Je suis né à Danzig le 22 février 1788. Mon père, Heinrich Floris Schopenhauer, était un commerçant très aisé de cette ville, et ma mère, Johanna Schopenhauer, devint plus tard célèbre par ses écrits. J’ai fait mes études universitaires de 1809 à 1813 à Göttingen et à Berlin ; à l’université de Berlin, le professeur était Fichte, à celle de Göttingen, G. E. Schulze Aenesidemus. J’ai remis pour ma promotion l’essai sur La quadruple racine du principe de raison suffisante, dont la deuxième édition, très largement corrigée, a paru en 1847, ici, à Francfort. Après avoir passé l’hiver 1813-1814 à Weimar et dans le cercle familier de Goethe, je partis à Dresde, où j’ai vécu indépendant jusqu’à la fin de 1818, en profitant de la Bibliothèque et des collections d’art. En 1816 parut mon écrit Sur la vue et les couleurs, et à la fin de 1818 mon œuvre principale, Le monde comme volonté et comme représentation, qui fait aujourd’hui encore le premier volume du livre ! Après l’avoir remise à l’éditeur, j’entrepris un voyage en Italie, qui me conduisit jusqu’après Naples.

« A mon retour, je soutins ma thèse de doctorat et devins maître de conférence à l’université de Berlin, où je n’exerçai toutefois que durant le premier semestre, bien que je sois resté jusqu’en 1831, en décomptant les années d’absence, inscrit sur la liste des cours. A cette époque, l’Hegeliânerie faisait plus que jamais florès. En 1822, je fis un nouveau voyage en Suisse et en Italie et ne revins à Berlin qu’en 1825. J’y ai travaillé jusqu’en 1830 à une version latine et corrigée de ma Théorie des couleurs, que j’avais auparavant fait paraître en allemand, et qui, dès lors, sous le titre Theoria colorum physiologica, eademque primaria, prit place dans le troisième volume des Scriptores ophthalmologici minores édités par Justus Radius. Lorsqu’en 1831 le choléra atteignit pour la première fois l’Allemagne, je me repliai provisoirement jusqu’ici, à Francfort. Comme l’endroit fut en effet épargné et que le climat et les commodités qu’on y trouve me plaisent, j’y suis resté et y ai vécu en étranger indépendant voici maintenant vingt et un ans. En 1836, j’ai fait paraître ici mon petit écrit Sur la volonté dans la nature, auquel j’attache une valeur très particulière, car c’est là que le cœur intime de ma métaphysique est exposé de la façon la plus fondamentale et la plus précise.

« Peu de temps après, j’ai répondu à deux questions mises au concours, sur la morale, l’une de l’Académie des sciences norvégiennes, l’autre du Danemark. Seule la première a été couronnée et les deux réunies ont paru ici en 1841 sous le titre Les deux problèmes fondamentaux de l’éthique. Enfin, en 1844, j’ai fait paraître la deuxième édition de mon œuvre principale, augmentée du double et en deux volumes [en 1851 paraissent encore les Parerga et Paralipomena, également en deux volumes].

« J’ai eu la chance de passer ma vie en toute indépendance et dans la jouissance complète de mon temps et de mes forces, comme mes études multiples, ainsi que l’élasticité et la liberté d’esprit requises par mes œuvres l’exigeaient. »

Francfort-sur-le-Main, le 28 mai 1858, Arthur Schopenhauer

Pour pouvoir lire Parerga et Paralipomena, il faut télécharger 3 fichiers différents afin de reconstituer le PDF. mon coté secret et torturé me pousse à placer un code secret qui est schopenhauer. Pourquoi ? Juste pour savoir si vous êtes réellement attentif. Si oui, écrivez moi sur mon facebook

Pour pouvoir télécharger ce pdf il faut aller sur ce site, car ils n'aiment pas les .exe

 

Parerga et Paralipomena 1

Parerga et Paralipomena 2

Parerga et Paralipomena 3

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